samedi 31 décembre 2011



Leverkusen: Lufthansa (1998)

dimanche 25 décembre 2011

My Eleven





























1. The Field: Looping State Of Mind (Kompakt)
2. Joie Noire: 1 (Desire)
3. Art Department: The Drawing Board (Crosstown Rebels)
4. Moritz Von Oswald Trio: Horizontal Structures (Honest Jon's Records)
5. Dirty Beaches: Badlands (Zoo Music)
6. Sun Araw: Ancient Romans (Sun Ark Records)
7. Biosphere: N-Plants (Touch)
8. Arnaud Rebotini: Someone Gave Me Religion (Black Strobe Records)
9. Einkaufen: Einkaufen (Herzfeld)






























1. Philippe Dumez: 39 ans 1/2 pour tous (In My Bed)
2. Chuck Klosterman: Fargo Rock City (Rivages Rouges)
3. Arnaud Le Guilcher: Pas Mieux (Stephane Million Editeur)
4. Frederick Exley: Le dernier stade de la soif (Monsieur Toussaint Louverture)
5. Douglas Coupland: Joueur_1 (Au Diable Vauvert)
6. Paul McGuire: Lost Vegas (Inculte)
7. Sylvain Courtoux: Still Nox (Al Dante)
8. Jean Rolin: Le ravissement de Britney Spears (P.O.L)
9. Philippe Jaenada: La femme et l'ours (Grasset)

dimanche 2 octobre 2011

Le ravissement de Britney Spears





































Ici, les fans de Britney resteront sur leur faim, tout comme les fans de Marielle avec le Séria.
Car ce roman est avant tout le roman d'une ville, l'héroïne principale ne servant que de prétexte à une exploration urbaine des faubourgs de Los Angeles.
Le narrateur, sous couvert d'enquêter sur une éventuelle tentative d'enlèvement de Britney, en profite pour sillonner la ville en long et en large sur les traces de la chanteuse et de sa compagne de débauche, Lindsay Lohan, accompagné en cela par un paparazzi comme compagnon d'errance.
Et l'originalité de ce récit provient du fait que, pour une fois, nous n'évoluons pas au sein d'un Road Movie. L'auteur n'ayant pas le permis, il parcourt la ville en bus, en métro et le plus souvent à pied, moyen de transport absolument tabou au pays des distances tentaculaires.
Nous errons donc à ses côtés dans des faubourgs déshumanisés, des friches climatisées, Suburbias fantomatiques bien loin des cartes postales habituelles.
Rolin décrit subliment bien des détails absolument dénués de tout intérêt, comme le tracé d'une ligne de bus transurbaine, un immeuble désaffecté dans Downtown, un complexe commercial de proximité, une allée résidentielle perdue dans un canyon ombragé ou une rangée de palmiers rachitiques. Tel un explorateur du néant, il cartographie inlassablement les lieux de passage de ses deux protagonistes, sorte de course poursuite vaine et dérisoire, faisant ressortir l'infinitude de cette mégalopole horizontale. En cela, il rejoint un peu le travail du sociologue américain Mike Davis dans City Of Quartz (1990), sorte de bible ultime de l'urbanisme Angelenos, ce qui n'est pas une mince affaire venant d'un auteur français, nous qui sommes habituellement plus enclins à accumuler les clichés et les poncifs comme autant de mirages issus de nos rêves américains.

Venice Beach California






































Joël Séria est surtout connu pour être le réalisateur des Galettes de Pont Aven (1975) et de Comme la lune (1977). Mais c'est aussi un romancier et son dernier roman est bien aux antipodes de ses heures de gloires cinématographiques. Ici on est plus proche du rêve américain de chez Wim Wenders et du Hollywood corrompu cher à James Ellroy.
Un réalisateur français part tenter sa chance à Los Angeles dans les années 70 car un producteur américain souhaite lui racheter l'un de ses films. Rapidement, on lui propose de travailler pour les studios locaux et la gloire s'ouvre à lui. Mais évidemment, le rêve va progressivement se transformer en cauchemar et il va découvrir peu à peu les rouages viciés de l'industrie cinématographique.
C'est écrit de manière un peu naïve, mais on y retrouve justement la naïveté du français qui débarque en Californie plein de poudre aux yeux et d'espoirs fous, comme en témoigne le premier paragraphe du livre:
Je roule sur Ocean Avenue et je me dis que plus jamais ma vie ne sera comme avant. J'ai quarante-deux ans, je suis cinéaste, j'ai sept longs métrages à mon actif et je suis à Los Angeles, la cité du cinéma.

jeudi 29 septembre 2011

Is This Power

























The Field: Is This Power (2011) on Kompakt



Depuis quelques temps, je me contentais du minimum syndical pour légender la bande-son d'une vie paisiblement tiède. Mais là, en écoutant cet album et ce morceau en particulier, j'ai senti rejaillir en moi le feu sacré.
Ce truc de presque 10mn me rend dingue et vrille mes neurones dopaminergiques depuis presque une semaine, m'arrachant des larmes de bonheur incontrôlées en faisant sourdre des images sublimement subliminales.
La première moitié déploie un Dub cosmique emporté par une nappe addictive sortie toute droit d'un Born Slippy anesthésié (pour ceux qui comme moi en 96 prenaient déjà de la drogue avant qu'on fasse un film sur la drogue).
Puis à 4'40", la nappe s'envole et une basse élégiaque vient ponctuer ce qui ressemble à un état de grâce, un instant irréel suspendu entre deux irradiations soniques.
Enfin, à 6'30", après une lente montée orgasmique, le grand sorcier suédois remet la nappe pour nous servir un final halluciné, une apocalypse discoïsée, un champ paradisiaque pour clubbers infernaux.
Je n'avais plus ressenti une telle jouissance si insidieusement endogène depuis le It's A Feedelity Affair de Lindstrom en 2006 et, plus loin dans le temps, le Plans & Designs de Faze Action en 97.
Ce mec ouvre un nouveau champ d'horizon à un style dont l'avenir s'assombrissait, un champ qui sera définitivement magnétique et qui battra à 120 pulsations/minute, gravé dans des sillons qui nous hypnotiserons pour toujours à 33 rotations/minute.
























mercredi 28 septembre 2011

Warm In The Winter

























Glass Candy: Warm In The Winter (2011) on Italians Do It Better



Love Is In The Air !
Le dernier Single de Glass Candy est so "Ya Ya Woo Ooooh" !

mardi 27 septembre 2011

Midnight City

Midnight City (Trentemøller Remix) by M83

Pas aussi sexy que l'original, mais pas loin... de la perfection !




























Christopher Owens (Girls) by Hedi Slimane in San Francisco

lundi 26 septembre 2011

My Ma

























Girls: My Ma (2011)



Décidément, à chaque nouveau disque, les mecs de Girls arrivent à me faire chialer comme une gonzesse, ça commence à devenir pénible leur histoire !

jeudi 22 septembre 2011

I Need Somebody To Love Tonight


























Joie Noire: I Need Somebody To Love Tonight (2011)



Pas aussi sexy que la version de Sylvester de 1979, mais pas loin !

lundi 19 septembre 2011

The Whistle Song




En mai 2008, je suis tombé amoureux dans les eaux de la baie de Cannes sur ce morceau.

En septembre 2011, j'aurais pu faire de même dans une piscine, à quelques encablures de là, mais les sifflets sonnaient faux cette fois-ci.

dimanche 11 septembre 2011

7th Avenue


Leverkusen: 7th Avenue (2000)



C'était en août 2000.
C'était un an avant le grand bordel.
J'étais descendu dans ce petit hôtel modeste du Village, sur la 23ème rue, au niveau de la 7ème.
Je passais mes journées à flâner dans le secteur, descendant la 7ème jusqu'à Bleeker, passant sous le auvent rouge du Village Vanguard, puis virant plein Est jusqu'à Alphabet City, traversant Soho, Nolita, Noho, Bowery, direction ce qui allait devenir mon point de chute quotidien, la boutique Dance Trax sur la 3ème rue, au niveau de la 1ère avenue, là où je devais finir par claquer en vinyles l'équivalent d'une paye.
Pour moi, New-York c'était ça, un aller-retour incessant entre clubs de Jazz et disquaires House, entre clubs de House et disquaires Jazz, un mixage permanent entre ces deux univers que je sentais cohabiter à tous les coins de blocs.
En rentrant à Paris, j'ai voulu immortaliser ces sensations à chaud et j'ai composé ce morceau comme d'autres se seraient empressés d'aller faire développer leurs pellicules N&B (chose que j'ai faite aussi).
Quand je réécoute ça, dix ans plus tard, je me revois fouler les trottoirs brûlants de la 7ème vers le sud, mon casque vissé sur les oreilles et le regard rivé vers ces deux monolithes jumeaux qui semblaient si loin, mais si proches à la fois, annihilant ainsi toutes sensations de perspectives et de distances.
Je n'y suis jamais retourné depuis, peut-être inconsciemment pour garder cette image-là de la ville, celle que je voudrais immortelle.

samedi 10 septembre 2011

Flim

vendredi 9 septembre 2011

Comment j'ai raté mes vacances





































Si vous devez n'acheter qu'un seul livre de Geoff Nicholson, de grâce, n'achetez pas Le fétichiste, sauf si vous comptez le prêter à une collègue coquette dans l'espoir d'un éventuel Footjob !
Non, préférez-lui de loin celui-ci même si le style est moins sophistiqué, mais au moins, si vous aimez l'humour noir, vous passerez des nuits blanches à hurler jaune de rire (ou à hurler tout court), tant on était loin de s'imaginer qu'il pouvait arriver autant de galères à un seul homme dans une seule journée.
C'est écrit sous forme de journal de bord, un peu à la manière d'un skyblogueur, mais en mieux !
Oui, disons-le, ce bouquin est un vrai monument de la littérature de losers et il reste jubilatoire de la première à la dernière page (les scènes avec sa femme nymphomane qui se tape tout le camping sont tout bonnement d'anthologie).
Bref, c'est presque aussi jouissif que du Arnaud Le Guilcher... mais en moins bien !

Echoes

jeudi 8 septembre 2011

Fit For Caesar































Sun Araw: Fit For Caesar (2011)



Ne vous fiez pas à la pochette !
Ici on est plus proche de la BO de Lucifer Rising de Kenneth Anger que de Pink Floyd à Pompéï.
On a juste l'impression de se balader dans un champ de ruines antiques sous un soleil de plomb et d'être en proie à des hallucinations hypnagogiques.
A un moment, j'ai même cru que j'étais suivi par Miss Duel sur Twitter, c'est vous dire !

Le fétichiste






































Je me tâte pour le prêter à une collègue qui vient toujours en talons hauts.
C'est pas que j'ai peur qu'elle me prenne pour un pervers qui veut se finir sur ses pieds.
C'est plutôt que c'est super mal écrit et que j'ai peur qu'elle me prenne pour un mec qui a des goûts de chiottes en matière de littérature.
Je me demande bien quel est le pire ?

mercredi 7 septembre 2011

Savage Night At The Opera

























Destroyer: Savage Night At The Opera (2011)



Que voulez-vous, moi quand j'entends une ligne de basse comme ça, je me sens comme une pucelle qui ouvre son premier Skyblog et j'ai juste envie de refaire le crépi de ma chambre pour y coller des posters de Paddy McAloon.
Et le truc c'est que des lignes de basse comme ça, y'en a sur tout l'album.
Ça vous est déjà arrivé à vous de passer pour un con dans le Tram à faire des imitations de Peter Hook dans le vide ? Non ? Ben moi si !
Pire même, ces couillons de Destroyer ont réussi à me refaire aimer le saxo, et ça c'était pas gagné !
Bon alors, pour ceux qui auraient fuit sur Pluton depuis le 11 septembre, je vous annonce que, suite à certains récents mouvements musicaux peu révolutionnaires, la Terre a décidé de revenir en 1984 et à instauré le port du Mullet obligatoire.
Bon, moi je vous laisse, y'a Rockline qui va pas tarder à commencer.
Caresse et bise à l'oeil !

dimanche 4 septembre 2011

In The Grace Of Your Love

























The Rapture: In The Grace Of Your Love (2011)



Ça faisait un bail que les Rapture ne m'avaient pas fait mouiller le slip à ce point-là !
Ça devait bien dater d'une dizaine d'années et de leurs Singles Out Of The Races And Onto The Tracks (2001) et House Of Jealous Lovers (2002).
Parce qu'il faut dire qu'ils n'étaient pas vraiment réputés pour être un groupe à album et que les deux précédents (Echoes, 2003 et Pieces Of The People We Love, 2006) étaient chiants comme la mort.
C'est à peine si j'ai eu le courage de prêter une oreille à celui-ci, leur accordant le bénéfice du doute, un peu comme si une ex-girlfriend vous appelait pour vous proposer d'aller boire le verre de l'amitié.
Et là, le verre, je dois dire que je l'ai bu cul sec. Je me suis même farci la bouteille à moi tout seul, et pourtant on peut dire que je suis pas facile facile en ce qui concerne les réconciliations avec les anciens bons coups qui ont fini par me décevoir à la longue.
J'ai écouté cet album d'un trait, sans piper mot, comme si mon amour d'antan avait ressorti le grand jeu pour me séduire à nouveau, comme si cette fille devenue femme s'était saignée à blanc pour se payer son corps d'autrefois.
J'avais l'impression d'écouter un Best Of, un Greatest Hits, sauf que même en alignant tous leurs précédents Singles bout à bout, on aurait même pas eu de quoi remplir la moitié d'un album.
Ici, même les rares morceaux de remplissage sont bons, les mêmes qui constituaient 90% de leurs albums précédents.
On y côtoie les Primal Scream de Screamadelica (Sail Away, Come Back To Me), les Supremes (Miss You), les Boo Radleys (Blue Bird), les Inspiral Carpets (Can You Find A Way), les Stones (It Takes Time To Be A Man), des Ride sous acide (Children), des Bee Gees Italo-House (le Single How Deep Is Your Love) et même le fantôme de Syd Barrett (Roller Coaster), sans parler de la bonne vieille formule "Rapture" (In The Grace Of Your Love), celle-là même qui me fit sortir avec elle il y a une dizaine d'années, attiré par le côté putassier de la chose.
Non, je dois dire que là, elle m'avait gâtée avec son cadeau de retour, la garce.
Alors je ne sais pas si c'est l'effet de ce vieil alcool madérisé, mais le fait est que j'ai replongé.
J'ai replongé en fermant les yeux sur le passé.
Oui, j'ai replongé en laissant ma fierté de côté.

lundi 29 août 2011

Three Imaginary Boys


La semaine dernière, je me suis retrouvé seul à la maison avec les garçons, leur mère étant aller faire un stage de survie de quelques jours chez ses parents.
Avant de partir, elle avait pris soin de remplir le frigo, le congélo et les placards à provision ainsi que de mettre des fringues propres dans l’armoire des gosses.
Elle a aussi jugé bon de me laisser la notice des appareils de première utilité comme le four, le lave-linge, le lave-vaisselle, l’aspirateur et tout un tas de trucs dont je découvrais l’existence.
Je lui ai dit de ne pas s’en faire, que de toute façon le micro-ondes n’avait plus aucun secret pour moi et qu’au pire j’avais le flyer de Domino’s Pizza toujours à portée de main. Louis a semblé la rassurer en lui disant qu’on n’avait pas besoin de notices et qu’il savait parfaitement programmer tous ces engins. Je crois même qu’il lui a montré des programmes qu’elle ne connaissait pas. Jules n’a même pas capté qu’elle se barrait car il venait de découvrir la planque de biscuits apéritifs au fond du placard à vaisselle.
Bref, je sentais que j’étais entre de bonnes mains et qu’on allait bien s’en sortir tous les trois.

Louis m’a demandé si j’avais fait le planning de la semaine et je lui ai répondu d’aller plutôt ranger sa chambre parce que ça commencer à ressembler à un Renault Minute là-dedans.
Pendant ce temps, avec Jules on a eu le temps de mater pratiquement l’intégralité de la trilogie Star Wars, histoire de tester la nouvelle télé LED 102cm que je m’étais payée pour l’occasion.
Au bout du cinquième paquet de Chips rustiques, il m’a demandé si Dark Vador c’était une espèce de Dieu de l’espace. J’ai essayé de prendre la voix que j’avais quand j’étais jeune et que je fumais deux paquets de clopes par jour et puis je l’ai regardé avec un air méchant en disant : « Jules, je suis ton père ! ». Ça a eu l’air de vachement l’impressionner parce qu’il m’a demandé si je pensais qu’on allait tenir toute la semaine avec ce qu’il restait de Chips rustiques.

Ensuite, comme je voulais me la jouer démocratique et cool, j’ai convoqué le conseil suprême des Jedi pour essayer de planifier à peu près le déroulement de la semaine.
Louis a proposé de retapisser leur chambre avec des posters de motos et de footballeurs, Jules a proposé de se mater les trois autres épisodes pourris de Star Wars et moi j’ai proposé de leur montrer qu’il y avait une vie en dehors de la maison. C’est finalement ma proposition qui l’a remportée de justesse à la majorité moins deux voix.

Le premier matin, j’ai trouvé bon de les amener à la piscine, mais Louis a voulu se barrer au bout d’une demi-heure parce qu’il trouvait qu’il y avait trop de filles dans le secteur. Moi perso, ça aurait pas été un motif de départ, surtout que je venais de me rendre compte que le piercing du nombril était en pleine recrudescence chez les mères de famille quadra du quartier, sûrement au même titre que le taux de divorces ou que les ouvertures de comptes Twitter.
Du coup, j’ai proposé qu’on se rabatte sur un tour au zoo, mais cette fois c’est Jules qui a piqué une crise quand il a vu que les lions avaient droit à des rafales de steacks à béqueter alors que moi, comme un con, je n’avais qu’un pauvre paquet de Pim’s Framboise entamé à lui proposer.
Trop c’était trop ! En rentrant je les ai menacés de les priver de sorties et c’est comme si je venais de leur annoncer le retour du Messie ou la sortie de Cars 2 en BlueRay.

De toute façon, dès le lendemain, il s’est mis à pleuvoir comme vache qui pisse et on s’est rabattus sur des activités Indoor. Louis a décidé de passer l’aspirateur de fond en comble, y compris sur mon bureau, ce qui m’a permis de m’occuper une bonne demi-journée à essayer de récupérer au fond du sac quelques trucs anodins comme les clés de ma bagnole, mon alliance, une clé USB du boulot et la carte de fidélité de Domino’s Pizza. Ça me faisait surtout chier pour la carte de fidélité de Domino’s Pizza parce que j’étais presque arrivé au bout des six poinçons qui donnent accès à une pizza gratuite. Pour fêter ça, j’ai téléphoné chez Domino’s Pizza et Jules s’est tapé presque à lui tout seul la pizza gratuite.

Sinon, le reste du temps, Louis bricolait dans sa chambre un nouveau Stock Car télécommandé histoire d’humilier les fils Blumberg et faire passer son père pour un antisémite. Jules découvrait les vertus de la Haute Définition 200Hz et passait ses journées à chercher des planques de bouffe dans des endroits improbables comme par exemple le sac de l’aspirateur (il m’avait vu trifouiller là-dedans avec une telle débauche d’énergie qu’il avait dû penser que je devais y planquer des trucs vitaux). Quant à moi j’essayais de trouver une Daddy-Sitter sur netechangisme.com pour que les gosses puissent un peu sortir le soir sans leur père, mais vu les tarifs horaires, ils n’auraient jamais pu s’en payer une, même avec les billets rouges à 50 000 du Monopoly.

Un soir, y’a eu une accalmie au niveau de la météo et je les ai amenés faire un Mini-Bowling, mais à nouveau, on s’est encore fait remarquer quand Louis a voulu se servir de Jules comme projectile. La gérante m’a regardé d’un sale œil comme si c’était la première fois que ça arrivait. Je suis sûr que s’il y avait eu Strike, elle nous aurait offert la partie et peut-être même l’abonnement à l’année.

Le dernier jour, Louis a suggéré quelques trucs pratiques comme d’ouvrir toutes les fenêtres car ça commençait sérieusement à sentir le fennec dans l’appart. Comme dehors il pleuvait toujours des sots d’eau, ça nous a aussi permis de passer un peu la serpillière à l’intérieur, ce qui m’a donné l’occasion de leur apprendre l’expression « faire d’une pierre deux coups ».
Il a aussi proposé de mettre quelques fringues propres dans la corbeille de linge sale et puis de vider un peu le frigo histoire de ne pas attirer l’attention et de montrer qu’il y avait eu quelques signes de vie ici même pendant la semaine.
Ce gosse, il est peut-être finalement pas de moi, mais il faut dire ce qui est : je lui dois tout.

Bon, la semaine prochaine, on inverse les rôles. Je me retrouve seul, sans famille et il n’y aura donc rien à vous mettre sous la dent jusqu’à la rentrée…

jeudi 25 août 2011

Carnage Visors

























The Cure: Carnage Visors (1981)



...

mercredi 24 août 2011

L'anniversaire d'Emma


Elle : Qu’est ce que tu fous ? On est invités à l’anniversaire d’Emma dans cinq minutes !
Moi : Emma ? Kezako Emma ?
Elle : La petite copine de Jules.
Moi : Elle est bonne au moins ?
Elle : Elle a 4 ans, Jeff !
Moi : Je parlais de sa mère.
Elle : Qui ça ? Anne ?
Moi : C’est la fille d’Anne ???
OK, LES GARCONS, HABILLEZ-VOUS, JE FAIS CHAUFFER LA BAGNOLE !
Elle : Jeff, c’est dans l’immeuble d’en face !

Bon, en gros, on est arrivé avec une heure de retard.
Louis n’a rien trouvé de mieux que de se lancer dans le nettoyage intégral du pédalier de son vélo et Jules venait d’attaquer un puzzle de 500 pièces représentant le Retable d’Issenheim.


Quand on est arrivé, ça grouillait de gosses de 4 à 5 ans, essentiellement de sexe féminin et, en voyant ça, Louis m’a demandé les clés de l’appart en prétextant qu’il devait absolument rentrer pour faire la vidange de sa Flash McQueen télécommandée, soi-disant comme quoi il en avait besoin demain pour une compète avec les gamins des Blumberg.
Je lui ai dit que demain c’était samedi et que ça m’étonnerait que les Blumberg laissent leurs fils toucher à une télécommande, mais Louis s’était déjà fait la malle dans l’escalier.

Du côté des adultes, ça sentait pas beaucoup le mâle non plus. Autant dire que je devais être le seul père de la petite sauterie.
À un moment, j’ai voulu rejoindre Louis pour voir si j’avais rien à vidanger à la maison, mais je suis tombé sur Anne qui nous remerciait d’avoir amené les garçons.
On lui a dit que Louis se sentait un peu mal à l’aise avec les filles et qu’il avait préféré rentrer prendre le goûter avec le staff technique de chez Dinoco.
Quant à Jules, après l’avoir cherché pendant cinq bonnes minutes dans l’appart, on a fini par le retrouver dans la chambre d’Emma avec Emma et deux ou trois autres copines à elle. Ils étaient en train de se lancer dans une reconstitution improbable de la cène avec des Pet Shop et des Barbie.

On a fini par se retrouver dans la cuisine entre mamans à tenter de meubler une discussion passionnante sur l’arrivée imminente de la rentrée scolaire.
L’une d’elle, qui se prénommait « la maman de Cléo » (j’appris plus tard que son vrai nom était Sabine), monopolisait particulièrement la parole car elle était tout excitée par le fait qu’elle avait ouvert un blog au début de l’été et que ça lui prenait beaucoup de temps.
On a appris qu’elle le remplissait avec des photos de sa fille, des recettes de gâteaux faits par sa fille, des idées de déco pour la chambre de sa fille, les derniers livres éducatifs qu’elle avait achetés pour sa fille.
J’ai failli lui demander si son blog ça lui permettait de pécho un peu au niveau des blogueurs, mais je me suis rendu compte que je venais de marcher sur un truc indéterminé à base de marbré au chocolat délité dans un jus de fruit quelconque et que ça m’avait complètement mystifié mes nouvelles Converse basses couleur gris pigeon.
Pour détourner l’attention, j’ai demandé à Anne où était son mari et s’il allait se joindre à nous et elle m’a répondu qu’il s’était barré peu après la naissance d’Emma et que ça faisait près de 4 ans qu’elle n’avait plus de nouvelles de lui. Je me suis dit que finalement j’avais eu tort de m’énerver pour mes Converse et que je donnerai tout pour être en train de vidanger l’intégralité de l’écurie Dinoco à ce moment précis.

Je me suis excusé auprès d’Anne qui n’avait pas trop l’air de m’en vouloir et j’ai tenté de rejoindre Jules en essayant discrètement de ne pas trop laisser de bouillie de marbré sur le plancher en chêne afin qu’on évite de retrouver ma trace.
Jules et les filles étaient en train de discuter à voix basse et j’ai juste entendu qu’à un moment il leur racontait que Jesus il était cool parce qu’il était capable de multiplier les Pépitos.
J’ai regardé autour de moi pour m’assurer que personne n’avait fait le rapprochement que j’étais le père du petit blasphémateur et puis j’ai prétexté que je devais rentrer pour m’assurer que Louis ne faisait pas trop de bêtises tout seul à la maison.
Anne m’a gratifié d’un sourire spécial « mère célibataire cherche père de substitution » et la blogueuse influente m’a glissé qu’elle nous laisserait l’adresse de son blog et qu’elle aimerait bien que je lui donne des conseils car ma femme venait de lui dire que j’avais eu moi-même des blogs dans le temps.
J’ai lancé un regard noir à « la maman de Louis et Jules » et je suis rentré faire vidanger la semelle de mes groles à celui qui a déjà tout compris aux femmes.

mardi 23 août 2011

Ezio

























Motorbass: Ezio (1996)



Voici ce que je considère comme la pièce fondatrice de la "French Touch" versaillaise des années 90.
Un album qui restera tristement à jamais dans l'ombre de Homework (sorti l'année suivante).
En 96, le tout Paris branchouille (entendez, le 11ème) dansait sur Da Funk et se foutait bien pas mal de Pansoul.
Je me souviens que j'étais raide dingue de Zdar à l'époque. J'ai souvenir de certaines soirées Respect au Queen ou au fumoir du Palace où je buvais ses mixes jusqu'à l'ivresse.
Le gars avait ce pouvoir de retourner un club juste en jouant sur le potard de fréquences de sa table de mixage. Il s'amusait à jouer avec nos nerfs en filtrant des lignes de basses disco ultra-lourdes et on avait l'impression que nos tripes se prenaient pour Travolta à l'intérieur de notre bide.
Ce truc avait un pouvoir sexuel dingue et un simple croisement de regards dans la fournaise du Queen pouvait provoquer des orgasmes en série sur le dancefloor.
C'était ça la marque de fabrique de la French Touch, bien avant l'histoire des casques de robots et tout le bordel.
Zdar c'était un peu notre Larry Levan à nous, en moins black et moins pédé, mais on avait vraiment l'impression de vivre un truc incroyable à chaque fois.

Son album, lui, il était beaucoup plus cérébral, moins putassier qu'un Homework.
C'était un truc à écouter chez soi, un long voyage spirituel qui partait du cortex pour se finir dans les guiboles (et vice-versailles).
Les basses nous vrillent les neurones, les rythmiques sont légèrement désynchronisées, créant de subtils conflits hémisphériques, juste ce qu'il faut pour rendre nos membres complètement schizophrènes, quand aux samples de harpe, ils finissent de dresser le décor, un décor luxuriant, mais dont il est impossible de s'échapper.
Ce morceau a le pouvoir de me rendre dingue, sans même avoir besoin de consommer quoi que ce soit !
Et si c'était ça ce qu'on appelle L'Intelligent Body Music ?

dimanche 21 août 2011

KJZ

























Photek: KJZ (1996)



En 1996, j'en étais encore à écouter de la musique d'étudiant à chemise de bûcheron (Pavement, Sebadoh, Sonic Youth, Blonde Redhead, ...) quand je fis une rencontre qui bouleversa légèrement mon paysage musical ambient.

Ce garçon (dont je tairais le nom) habitait encore dans le vieux pavillon de ses grands-parents à Vincennes et un soir, lors de cet été 96, il profita de l'absence de ses aïeuls pour glisser quelques uns de ses récents vinyls sur la vieille platine Marantz poussiéreuse de papy.
En l'espace d'une heure, je venais de découvrir le Post-Rock avec le Millions Now Living Will Never Die de Tortoise, la French Touch avec le Pansoul de Motorbass et la Drum & Bass avec The Hidden Camera et Rings Around Saturn de Photek.
Autant dire qu'en une heure de temps, j'avais découvert plus de genres musicaux que depuis les dix dernières années confondues.
Dans la foulée, il me fit connaître Pharoah Sanders dont a été tiré le sample d'ouverture de Rings Around Saturn, puis il a embrayé sur toute sa collection de Free Jazz (Sun Ra, Albert Ayler, Don Cherry, Archie Shepp, j'en passe et des meilleures) jusqu'à une heure avancée de la nuit.
Si j'avais été une fille, je me serais jeté sur lui à corps perdu pour le remercier de m'avoir aussi bien dépucelé les oreilles, mais il enchaînait vinyl sur vinyl à une vitesse folle, comme si le temps était compté et que ses vieux allaient rentrer d'une minute à l'autre.
Évidemment, j'ai dû poser l'intégralité de la semaine suivante pour bénéficier de suffisamment de temps afin de pouvoir claquer toute ma paie chez Rough Trade, rue de Charonne, dans les bacs House et Jungle du bas et Electronica et Post-Rock du haut.

Quelques semaines plus tard, avec mon groupe (dont je tairais le nom), nous fûmes invité pour une interview dans les locaux de Radio Aligre et ils nous avaient demandé d'amener deux disques chacun (soit six en tout), histoire qu'on se charge de la programmation musicale de l'émission.
Les deux autres (dont je tairais les noms) s'étaient pointés avec leur musique de tarlouzes et moi j'avais raboulé The Hidden Camera de Photek et puis Impressions de Coltrane, autant dire que j'avais un peu plombé l'ambiance.
Au moment de justifier mes choix, l'émotion m'avait fait bafouiller un truc comme quoi Photek était le digne successeur de Coltrane et la Drum & Bass était le Free-Jazz des années 90 (l'alcool était fourni, l'émission était en direct et on m'avait fait croire qu'il y avait un fort taux d'audience).

Quinze ans plus tard et malgré la déchéance de Photek et l'apogée de la Daubstep, je n'ai toujours pas changé d'avis et la prochaine fois, je vous parlerai des deux autres albums que j'ai cités au début de cette chronique.

jeudi 18 août 2011

Plein été

























Michel Houellebecq: Plein été (2000)



Je sais que je ne vais pas me faire que des amis avec ce choix douteux, mais j'assume.

J'assume car cet été j'ai décidé de vous présenter une sélection d'albums qui ont marqué certaines étapes de ma vie et celui-là d'album, il a accompagné tout mon été 2000, un peu comme je pourrais dire que Sophie, la fille du collègue de mon père, avait accompagné mon été 82 pendant nos vacances dans les Vosges (c'est là que j'avais découvert que la langue pouvait servir à autre chose qu'à parler, même si je ne parlais pas trop à l'époque).

Bref, je m'égare, mais j'ai choisi ce morceau parce qu'il est de saison, mais aussi pour le bon boulot des bras cassés qui jouent dans l'ombre, derrière lui (Burgalat et ses potes d'AS Dragon).
Les allergiques du bonhomme ne tiendront pas jusqu'au premier refrain, les autres auront du mal à boucler les 8'30", mais sincèrement, cet album a vraiment de la gueule et je le défendrai comme j'avais défendu Sophie quand elle s'était faite emmerder par des clones de Patrick Dils à la sortie du Whisky à Coco de Gérardmer cet été-là.

Et puis dernière chose: C'est un album qui tient la route, non seulement sur la durée (je l'écoute encore régulièrement, même 11 ans plus tard), mais aussi au sens premier du terme.
En effet, pour moi, le test majeur pour savoir si un album me touche, c'est de voir si il s'écoute bien en bagnole et ce, sur de longues distances un peu monotones, genre autoroute du sud en plein été.
En Août 2000, je crois que j'ai dû le passer une bonne dizaine de fois entre Paris et Cannes, même que ma co-pilote a failli me planter sur l'aire Isardrome tellement elle en pouvait plus, allant même jusqu'à me menacer de grimper dans le premier 38-tonnes venu pour finir la route sans Houellebecq.
Depuis, je l'emporte chaque été dans mon porte-CD de voyage et ma co-pilote s'est acheté un baladeur mp3 avec casque isolant.

Pour finir, je ne résiste pas à citer mon passage préféré du morceau, voire de l'album:

Je sais qu'ils seront là
Si je sors de l'hôtel
Je sais qu'ils me verront
Et qu'ils auront des shorts

PS: Par la suite, il fera rimer shorts avec aorte.

lundi 15 août 2011

Mystique rêveur


Je pense que Jules traverse une crise mystique.
Avant, quand on traversait l’Alsace pour aller voir ses grands-parents, il focalisait sur les vaches dans les champs, juste parce qu’on lui avait dit que les vaches après, ça donnait des steacks et qu’en les regardant, il devait déjà visualiser l’assiette garnie qui l’attendait à l’arrivée.
Ce week-end, il n’a même pas jeté un œil sur un seul troupeau, rien.
Je me suis dit qu’il était peut-être devenu végétarien ou alcoolique, mais il ne matait pas plus les champs de choux ou de houblon. J’ai donc mis ça sur le compte d’une dépression passagère à rajouter sur la liste des trucs à déclarer à la pédopsychiatre de l’école à la rentrée.
En revanche, il a remarqué que dans tous les petits villages qu’on traversait, il y avait des églises grandes comme des cathédrales et parfois même il y avait des grandes croix avec un bonhomme tout nu qui était accroché dessus. On lui a dit que c’était normal et que le bonhomme il était pas méchant et qu’il s’appelait Jesus.
Du coup, à chaque village traversé, il cherchait Jesus et ça avait l’air de l’intéresser plus que les vaches, ce qui nous a au moins épargné les « j’ai faim » toutes les cinq minutes et les bastons avec son frère qui était en train de fabriquer une catapulte humaine avec sa ceinture de sécurité.

En arrivant, sa grand-mère n’a rien trouvé de mieux que de nous dire qu’elle partait à la messe et le gamin il a voulu l’accompagner, sans même jeter un œil sur les apéros.
Quand il est revenu, il avait une lueur divine dans les yeux, comme s’il avait vu la vierge ou un truc qui pouvait ressembler à un stock de Bretzels.
Il a quasiment rien bouffé au repas de midi, malgré la présence à table de son plat préféré : du Kassler avec un assortiment d’une demi-douzaine de saucisses fumées, le tout garni d’une salade de patates aux oignons.

Pendant le week-end, il a posé plein de question sur Jesus à sa grand-mère et il a compris que Jesus c’était un peu plus compliqué à comprendre qu’une vache qui bouffe de l’herbe dans un pré. Son frère avait beau lui démonter toute la catéchèse en lui expliquant que tout ça c’était truffé d’effets spéciaux, le Jules il était comme transfiguré, porté dans un élan mystique.

Au retour, il ne matait plus les calvaires de la même manière. Il regardait presque Jesus comme il regardait les vaches avant. D’ailleurs à un moment, il a même demandé ce qu’il y avait à manger ce soir. Tout le monde avait l’air soulagé et lui il a fêté ça en exécutant un beau signe de croix à l’envers en répandant aux quatre coins de la bagnole le contenu de sa Pompote pèche-abricot. Ça c’était juste avant qu’il se prenne la sandale de son frère en pleine poire.
On n’aura pas perdu le week-end. On pourra au moins faire breveter le nouveau modèle de catapulte de voyage.

dimanche 14 août 2011

The Fall


























McCarthy: The Fall (1986)



En 1987, j'ai découvert par hasard la compil NME C86 et tous les groupes qui figuraient dessus.
Je me suis jeté à corps perdu sur la maigre discographie de certains d'entre eux, The Wedding Present, The Pastels, Primal Scream ainsi que deux ou trois autres.
Mais bizarrement, le groupe que j'ai sorti du lot n'était pas forcément le plus connu à l'époque.
En 1987, j'ai acheté A La Guillotine!, la compil des premiers singles de McCarthy, puis tout ce qu'ils avaient sorti, absolument tout.
En 1987, je n'ai écouté que du McCarthy, toute l'année.
McCarthy fut le groupe qui me fit basculer de la Cold-Wave, d'où je venais, à la Pop anglaise, dans laquelle j'allais m'engouffrer.
McCarthy fut le guide qui accompagna mon chemin de croix entre les Cure et les Smiths, un compagnon de route fidèle, même encore de nos jours (je passerai sur l'épisode Stereolab).
Je vous laisse car je pourrais écrire tout un bouquin sur cette année 87, d'ailleurs je suis en train de l'écrire.

London is falling down !

samedi 13 août 2011

Language of Flowers

























Pale Saints: Language of Flowers (1990)



Encore un album pour bassistes et encore un album qui figure en bonne place dans mon Top Fifty.
Dire que cet album contient 11 singles en puissance serait un moindre mal, d'où la difficulté que j'ai eu à sélectionner un morceau parmi d'autres.
Mais ce qui me séduit à chaque écoute c'est que toutes les pistes fusionnent
et s'imbriquent les unes dans les autres, il n'y a aucune pause, comme si nous n'avions qu'une seule et même piste pendant les 40 minutes de l'album.

On a l'habitude de dire que ceux qui ont écouté The Velvet Underground & Nico ont tous formé un groupe par la suite. Je dirais que ceux qui ont écouté The Comfort of Madness ont tous eu envie, un jour ou l'autre, de laisser glisser leurs doigts le long d'un manche de basse.


vendredi 12 août 2011

Little Thing

























Moonshake: Little Thing (1992)



Comme c'est l'été et que c'est plutôt calme sur le front des nouveautés, et comme ce journal n'est pas "over", j'ai décidé de vous rafraîchir la mémoire avec quelques albums tombés dans l'oubli.

A commencer par Eva Luna de Moonshake qui figure parmi mes 50 meilleurs albums de tous les temps.
La ligne de basse de ce Little Thing hante mes nuits de bassiste depuis bientôt 20 ans et chaque nouvelle écoute de cet album me fout quasiment systématiquement dans un état de transe profonde.
C'est presque aussi jouissif que d'écouter un vieux Wolfhounds et d'ailleurs ça me fait penser qu'il faut que je rajoute ce groupe à la longue liste des trucs dont je n'ai jamais parlé sur ces pages.

jeudi 11 août 2011

Le supplément sexe


Moi, à elle : T’aurais pas vu le supplément sexe des Inrocks ? Je le cherche partout depuis une heure !
Elle, à moi : Tu pourrais le foutre ailleurs que sur la table basse. Ton fils (Jules*) est tombé dessus ce matin en faisant sa revue de presse matinale. Tiens, je l’ai planqué dans ta pile de T-shirts noirs.
Moi : Laquelle ?
Elle : Celle des groupes anglais 80/90.
Moi : Et sinon, il a réagi comment ?
Elle : Ca va. Il l’a à peine feuilleté et puis il a demandé ce qu’il y avait à manger à midi.

*Note de l'auteur

mercredi 10 août 2011

Instant Karma


Avec Louis, la durée de vie moyenne d'un jouet avoisine les 5'30".
Son truc, c'est la customisation. Il est passé maître dans l'art de personnaliser un objet, de se le réapproprier comme ils disent à la Nouvelle Star.
À la maison, y’a plus grand chose qui est d’origine. Ce gosse, il est capable de te transformer sa nouvelle toupie Beyblade en machine expresso, alors que t'as à peine le temps d'aller foutre le carton d'emballage dans la poubelle à recyclage.
Quand il voit un jouet dans un magasin, il voit pas le jouet, il voit juste ce qu'il pourrait en tirer.
Si t'as le malheur de lui filer ta montre à 300 euros parce que, soit disant, il a envie d'apprendre à lire l'heure, t'as juste toutes les chances de la retrouver transformée en toupie Beyblade, histoire que ça remplace celle qu'il a flinguée une heure avant.
 
Son frère, l'intello, lui il n’aime pas les jouets. Soit il les ignorent, soit il te les fracassent contre le mur parce que la bagnole Cars elle l'a regardé dans les yeux et qu'il a eu un mauvais karma avec elle.
De toute façon, vu qu’on a Bob le bricoleur à la maison, je sais que dans l'heure qui suit, la caisse sera de nouveau opérationnelle, à la différence près qu’elle aura désormais une fonction de sèche-cheveux.

mardi 9 août 2011

Louis, 5 ans


Pour l'autre, Louis, celui de 5 ans, j'ai encore un léger doute: il aime la musique, il aime le sport, il aime bricoler , il est pas trop branché gonzesses.
Je me demande si je ne vais pas demander un test ADN pour celui-là.

lundi 8 août 2011

Jules, 4 ans


Depuis le début de l'été, Jules, mon fils de 4 ans, passe ses journées à chanter Barbra Streisand de Duck Sauce, l'air de rien, entre le déchiquetage en règle du dernier Telerama et une redif de Shuriken School sur Gulli.
Le mode de vie d’un Slacker associé à un goût prononcé pour la musique de merde : Ce gosse ressemble de plus en plus à son père, mais le pire c’est qu’il ne le sait pas encore.

Less Than 2.0


Less Than 2.0 (a lvrksn summer mix '11)

dimanche 5 juin 2011

Enter The Void

En fait, Mécanique des fluides, c'était censé être la transcription romanesque du blog que j'avais à l'époque et qui s'appelait Open Spaces (doit plus trop y avoir de rescapés de cette époque-là qui me lisent encore).
Comme le blog marchait plutôt bien et qu'il y avait de la demande, y compris côté éditeurs, j'ai tenté le coup. Mais ça, c'était avant que Dédé s'en mêle (voir plus bas).
Ensuite, je me suis dit que j'allais arrêter avec les histoires de cul et j'ai voulu écrire un polar qui se passerait à Cannes (c'est là où j'habitais à l'époque). Mais comme Cannes ça le faisait pas trop niveau polar, j'ai retranscris ça à LA (prononcer Ellaiye) et tout de suite ça le faisait beaucoup plus.
Le truc s'appelait Plexus Solaire et ça racontait l'histoire d'un serial-killer ultraviolent qui abuse d'une drogue qui file des hallucinations. Le gars, du coup, il sait plus trop s'il trucide ses victimes ou si tout ça est le fruit de son imagination.
Le problème, c'est qu'à mesure que j'avançais dans le merdier, moi aussi je savais plus trop où j'en étais et, quand je me suis rendu compte que je commençais un peu trop à m'identifier au gars, j'ai tout foutu au feu avant de devenir complètement dingue.
A l'intérieur, je ressemblais un peu à Nicholson dans Shining et, à l'extérieur,  j'avais à peu près la gueule de Gaspar Noé période Irréversible. Que des trucs qui vous rendent tout de suite beaucoup plus sympathique quoi !
A l'époque, le Lexomil était devenu mon meilleur ami et parfois on partait même en vacances ensemble.
Ma vie sociale ressemblait à un tryptique de Bacon et bizarrement, j'avais un certain succès auprès de mes lectrices.
La prochaine fois, je vous raconterai comment j'ai perdu l'inspiration et comment j'attends qu'on me la rende...

samedi 4 juin 2011

You Say You Don't Love Me

























Buzzcocks: You Say You Don't Love Me (1979)



Le genre de titre à écouter à fond et en boucle quand on a des doutes sur l'autre.
J'ai été obligé de me le racheter en CD tellement j'avais fini par ruiner le vinyl !

vendredi 3 juin 2011

Oh Yeah


























Can: Oh Yeah (1971)



Oh Yeeaaaaaaaaaah !

jeudi 2 juin 2011

Ascension


























John Coltrane: Ascension I - Extract from 7'53'' to 9'20'' (1965)



Morceau de circonstance.
Je ferme les yeux, j'ouvre les oreilles et j'attaque l'ascension...

samedi 28 mai 2011

The Bottle

























Gil Scott-Heron & Brian Jackson: The Bottle (1974)



Encore une nécro spirituelle...

vendredi 27 mai 2011

Mécanique amère

Mécanique des fluides, c'était le petit nom que j'avais décidé d'attribuer à mon premier manuscrit.
Ça racontait l'histoire d'un chercheur en physique quantique dont la seule passion dans la vie, en dehors de la théorie des supercordes, était d'éjaculer sur les pieds des femmes.
Une pure oeuvre de fiction, totalement dans l'air du temps, un truc qui allait me mener droit au Goncourt, sans passer par la case Flore.
Oui, un truc qui allait faire passer l'œuvre de Houellebecq pour un fond de tiroir d'invendus de chez France-Loisirs.
Et puis Dédé Manoukian est passé par là en février 2008 avec un bouquin qui portait le même nom et où il racontait des trucs passionnants, du genre comment il se tapait toutes les recalées de la Nouvelle Star.
Comment lutter face à un tel chef d'œuvre de la littérature contemporaine ?
Je suis tombé dans une sale dépression, j'ai arrêté net de regarder tout ce qui touchait de près ou de loin à la télé-réalité. J'ai même arrêté d'écouter du Jazz, juste pour le principe.
Ma vie sociale ressemblait à un tableau de Soulages, d'ailleurs en parlant de ça, je me suis soulagé en balançant mon manuscrit à la poubelle.
Bon, ça aurait peut-être été plus simple de juste changer le titre, mais j'en étais fier moi de mon titre, et puis je pouvais pas concevoir ce bouquin avec un autre titre que ça (parait que je suis un peu têtu comme mec).
La prochaine fois, je vous parlerai de comment j'ai surmonté cette épreuve en me faisant ouvrir mes Chakras...

mardi 24 mai 2011

Stupre et tremblements

Je viens de tomber sur la nouvelle que j'avais écrite à mon retour de Cannes, en mai 2008, pour la revue Stupre numéro deux.
La vache, qu'est ce qui m'a pris de leur laisser publier cette merde !
Et dire que quand on tape mon nom sur Google, on tombe direct là-dessus.
Ça m'apprendra à faire le cake qui veut pas prendre de pseudo.
Bientôt je serai obligé de dire à mes gosses que non, ce n'est pas moi qui a écrit "Stupre de Cannes", c'est juste un mec qui a le même nom que votre père, c'est bizarre mais c'est comme ça et non, on ne vous balancera pas des caillasses dans la cour de récré à cause de ça, ne flippez pas.
Bon, là je reviens de Cannes, trois ans plus tard, j'ai envie de me remettre à la plume, normal, comme qui dirait j'ai les doigts qui me démangent.
Le truc c'est que cette fois j'ai envie de me lancer dans une autobio, mais là, faudrait quand même que je pense à trouver un pseudo, rapport aux gamins et aux caillasses. Un pseudo qui claque, genre Michael Wheristhebeak ou Dominique-Henry Levy-Strauss.
Mon agent m'a dit qu'une autobio, normalement ça s'écrivait juste avant de clamser, mais je lui ai répondu que, vu la vitesse à laquelle j'écrivais, valait mieux que j'attaque tout de suite, histoire de prendre un peu d'avance. Sur ce, il a bouclé sa gueule et il est parti râler au fin fond de mon subconscient mythomane.

Forever Paradise

























The Undertones: Forever Paradise (1981)



Retourner sur les lieux de son enfance, c'est un peu comme rembobiner une bande, revoir sa vie en accéléré.
Moi, quand je retourne là-bas, je ne peux m'empêcher d'emporter de vieux albums qui m'ont accompagnés à cette époque-là.
Envie un peu de laisser de côté les nouveautés et de me replonger dans mes souvenirs.
À commencer par cet album que j'ai écouté en boucle pendant ma semaine cannoise.