samedi 21 novembre 2009

The Killing Moon



Echo And The Bunnymen: The Killing Moon (1984)

J’ai amené les gamins sur la tombe de leur grand-mère, le jour des vingt ans de sa mort. C’était comme une balade en forêt comme une autre. D’ailleurs après je les ai amenés se défouler dans le bois où j’allais, petit, cacher mes secrets, juste derrière le village de mon enfance, au dessus du cimetière.
Puis on est rentrés en longeant la mer et j’ai mis Ocean Rain dans le lecteur laser parce que je mettais toujours cet album pour longer la mer à l’époque et qu’il restera à jamais associé à cette image.
Les gosses fixent une régate au loin, l’air dans le vide.
Ils ne se doutent de rien.
Et ça me va très bien.






jeudi 19 novembre 2009

Sciarando el scuro*



Bottin: Sciarando el scuro (2009)





Les Italiens font ça mieux, paraît-il ?


* Jeter de la lumière dans l'obscurité






dimanche 15 novembre 2009

Never Say Goodbye



My Bloody Valentine: Never Say Goodbye (1987)

J’ai cette fâcheuse manie de collectionner les derniers mails.
Peut-être qu’un jour, j’en aurais tellement que je pourrais en faire un roman.
Je relis le sien, celui où elle ne me dit pas «au revoir».
C’est le genre de dimanche où tout est cotonneux et abrasif, comme un morceau de My Bloody Valentine…





samedi 14 novembre 2009

Dans mes rêves



Desire: Dans mes rêves (2009)

Envie de lancer une nouvelle série qui pourrait s'intituler "Le morceau du week-end"...






vendredi 13 novembre 2009

Etched Headplate



Burial: Etched Headplate (2007)

Je ne sais pas pourquoi je suis obsédé par ce morceau aux accords caverneux et par toutes ces images de passages souterrains que je glane compulsivement sur Google ou Flickr. Peut-être pour trouver matière à cette nouvelle que je tente d’écrire pour la prochaine revue Dissonances. Des histoires de boyaux, d’entrailles, de communautés enfouies, de vies anaérobies. Je pense à Jack Nance devant l’entrée de ce tunnel et ça me rend dingue parce que je sais que ce foutu tunnel se trouve quelque part dans la banlieue d’Hollywood et que je ne trouve rien de mieux à faire faire au personnage central de mon roman que de passer sa vie à chercher l’endroit d’où a été prise cette putain d’image. Des fois je me dis qu’il faudrait que j’écrive à mon ami Lynch parce qu’il fait partie de mes 319 amis sur MySpace et que les amis il faut bien que ça serve à quelque chose, sinon ce serait pas des amis, non ?






mardi 10 novembre 2009

I am the resurrection



The Stone Roses: I am the resurrection (1989)


Quand je vois toutes ces commémorations sur la chute du mur, je me demande bien pourquoi j’étais complètement passé à travers à l’époque.
Et puis forcément, ça me revient comme un boomerang en pleine poire lorsque je vois inscrit cette association fatale : Novembre 1989.
Comme une date gravée dans la pierre, comme si c’était définitivement une histoire de pierres tout ça.
Et puis je me revois en train de boire ce café dans ce petit matin frileux et un collègue dont j’ai oublié le regard qui me fait signe qu’on me demande au téléphone alors qu’on me demandait jamais au téléphone. Et cette voix frileuse qui m’annonce qu’il faut que je prenne le premier avion, sans m’en dire plus, parce qu’il était forcément inutile d’en dire plus. Et le regard du collègue dont j’ai oublié le nom qui fait celui qui a tout compris, alors qu’il n’y avait rien à comprendre.
Alors je me contente de rattraper mes lacunes et de revivre le mur, l’autre mur, en regardant tout cela à la télé comme tous ces jeunes qui étaient trop jeunes à l’époque.
Et puis je mets cet album des Stone Roses sur la platine parce que c’est ce que j’écoutais en boucle en novembre 89.
Et ce morceau-là plus particulièrement, je me permets de lui dédier, à elle. Parce qu’au même moment, elle aussi elle combattait un mur, même s’il était déjà trop tard.
Elle est pour toi celle-là…




lundi 9 novembre 2009

You have cum in your hair and your dick is hanging out



Palace Music: You have cum in your hair and your dick is hanging out (1996)




Et du désordre, y’en a eu !

Jusqu’à me demander si tout cela valait le coup.
Et puis je me suis dit que ce journal devait survivre.
Et que cette fille ne méritait finalement pas que je foute tout en l’air.
Alors je vais encore tenter de me relever.
Et de bétonner encore plus le cœur de la bête.
Là où les cicatrices finissent toujours par lâcher.
C’est encore humide, mais je vais quand même essayer de rebrancher.



dimanche 8 novembre 2009

Entropy



Etienne Jaumet: Entropy (2009)


Entropie: En thermodynamique, grandeur qui permet de caractériser le désordre d'un système.





samedi 7 novembre 2009

Toi et moi



Jacno:
Toi et moi (2002)







lundi 19 octobre 2009

They removed all trace that anything had ever happened here



Hood: They removed all trace that anything had ever happened here (2001)

Ce matin, sur le chemin de l’école, j’observais la teinte rose des nuages qui moutonnaient, rares, dans le ciel, pur. Dehors, le froid était vif. À l’intérieur, le chauffage arrachait quelques derniers bâillements, à l’arrière.
Et puis ça m’a donné envie d’écouter du Hood.
Parce que Hood c’est la bande-son parfaite pour ce genre d’ambiances. Quand le matin se lève sur des paysages endormis et gelés. Quand on a le spleen et qu’on a envie de l’avoir encore plus et qu’on a envie de tout sauf d’écouter de la musique qui fait sourire comme un con, comme les disques d’Heavenly par exemple.

Et puis je me suis dit que j’avais finalement envie de migrer vers des paysages qui me donnent encore plus envie d’écouter du Hood. Parce que Hood, ça ne s’écoute pas n’importe où, Hood.
Alors, j’ai rêvé de grandes étendues, de plaines, de voies ferrées, d’horizons entrecoupés de rares silhouettes de cimenteries et de hauts-fourneaux. J’ai rêvé de partir écouter ce genre de complaintes à l’endroit même où elles sont composées. Pas ailleurs.
J’ai étrangement rêvé d’un retour possible aux rapports humains.

La buée commençait à masquer partiellement le panorama factice que j’avais sous les yeux. Lâchement, je me suis caché derrière elle.
Et je crois que j’ai souri.






dimanche 18 octobre 2009

Whitewater



Supermalprodelica: Whitewater (1997)




Et puis un beau jour on a vu se pointer ce gars avec sa cassette sous le bras.

Il a passé discrètement ce morceau avec ce sample de Tortoise à peine dissimulé et on l’a immédiatement intronisé au rang de héros national. Oui enfin, dans notre petite nation qui allait de la rue Basfroi à la rue Pétion.
Et puis le gars m’a expliqué qu’il avait fait tout son album sans aucun instrument. Juste un vieil Atari et un Akaï S3000.
Alors je suis allé dans son antre de la rue des Canettes et il m’a montré comment faire une boucle à partir d'un tube et un tube à partir d’une boucle.
Le lendemain, je suis allé à Pigalle, pas loin de là où j’avais acheté ma basse quelques années plus tôt et je suis rentré dans une de ces boutiques pour geeks qui commençaient à pulluler dans le secteur, et ce alors que la presse anglaise n’avait pas encore lâché le terme de «French Touch». J’en suis ressorti avec un vieux Mac équipé Cubase et un S2000 équipé de l’effet indispensable pour tout français qui se touchait en 96 : le filtre de fréquences.
Et c’est comme ça que tout a commencé.






vendredi 16 octobre 2009

Da Funk




Daft Punk: Da Funk (1995)

Et puis après, on n’a pas vu vraiment arriver le truc.
Je sais plus qui se l’est procuré en premier, peut-être Stéphane qui a eu droit à un test-pressing en mains propres et qui s’en servait comme sous-bock parce qu’il a toujours chié sur toute sorte de musique sortie d’un putain d’ordinateur.
Et nous autres, on ramenait systématiquement le merdier dans chaque soirée bondée qui fleurissait à l’époque dans ces minuscules appartements bourgeois du nord du 11ème.
Évidemment qu’on avait tous une préférence pour la face bleue, celle qui te faisait foutre des coups de boule incontrôlés sur les cheminées en marbre qui servent à rien.

Mais évidemment qu’on commençait toujours par la face rouge, parce que c’était devenu comme une drogue et que ça rendait les filles dingues et que tu pouvais en faire ce que tu voulais après.
Ça ratait jamais, dès qu’elles entendaient la petite intro à la Midnight Express, elle te regardaient avec ce regard qui te faisait mal à la bite, et après tu priais pour que ça s’arrête jamais.
Moi j’avais fait fort, j’avais même acheté le disque en double pour pouvoir enchaîner la bleue derrière la rouge sans avoir à changer la face ou à passer autre chose entre les deux.
Oui, je sais, j’étais déjà vicieux à l’époque !

Et après ?
Quoi après ? Ah oui, après ils sont devenus connus à cause de cette putain de face rouge. Pas la bleue, la rouge. Juste la rouge. Et après on s’est mis à leur chier dessus et puis on s’est remis à écouter les disques d’Heavenly dans les soirées bondées qui fleurissaient à l’époque dans ces minuscules appartements bourgeois du nord du 11ème.






lundi 12 octobre 2009

Darlin'



Darlin': Darlin' (1992)

Les Beach Boys, ça a quand même aussi eu le mérite d’engendrer ça...







Paris, studios Ornano, hiver 1992.

Antoine : «C’est qui ceux-là ?»
Etienne : «Deux gamins qui aiment bien ce qu’on fait. Ils aimeraient bien jouer avec nous. Ils veulent juste nous voir répéter.»
Fred : «Attends, ils sont même pas majeurs !»
Etienne : «Peut-être, mais ils sont fans de Brian Wilson, merde !»
Jeff : «Et alors ! Moi je suis fan de Genesis, c’est pas pour ça que je vais faire chier Héliogabale* en répet !»

Et voilà comment on peut passer à côté de quelque chose et qu’on finit à écrire des notes de merde sur un blog de merde !

* Groupe habitué des studios Ornano en hiver 1992.






dimanche 11 octobre 2009

'Til I Die



The Beach Boys: 'Til I Die (1971)



These things I’ll be until I die.

Je suis comme ça en ce moment.
Sous les palmiers, la plage…noire.
Noire comme celle-là de plage, l’avant-dernière de cet album au final lumineux.
Lumineux comme les arrangements de Van Dyke Parks sur cette autre plage ultime.
On n’a jamais chanté la mort de manière si élégiaque.
On n’a jamais surfé sur un tel vague à l’âme.
Oui, je dois être comme ça en ce moment.
À chercher le sublime là où personne n’a envie d’aller le trouver.
Je vois des palmiers mort-nés, je vois des vallées en contre-plongée.
Je vois systématiquement du beau là où tout n’est qu’obscur.
Et du noir abyssal là où tout irradie.
Je vois le bout du tunnel.
L’entrée du bout du tunnel.


mardi 6 octobre 2009

Shine a Light























Spiritualized: Shine a Light (1992)Lien

Poser ce disque sur la platine.
Allumer la veilleuse.
Dehors, le vent souffle, sans bruit.
Aller voir mes fils dormir.
Les embrasser sur leurs tempes tièdes.
Palper leurs paumes molles.
Les imaginer grandir sans moi.
Les ténèbres semblent si sublimes vues de cette platine.
Je crois qu’une larme coule, sans bruit.
Dehors, le ciel est aussi sombre que cette pochette.
Je suis comme la main qui protège la flamme du vent.
Je suis comme la main qui protège la flamme du vent.






jeudi 1 octobre 2009

Sensitive























The Field Mice: Sensitive (1989)

Ça fait 20 ans que je cherche le disque qui pourra me procurer la même sensation.
Cette espèce de colonne de frissons qui part du creux des reins et qui remonte vers le bulbe comme si on vous baladait un goupillon dans l’échine pour gratter ce qu’il reste de moelle.
Et toujours cette même image où je me revois craquer tout seul comme un con, à genoux dans la fosse surchauffée du Gibus, avec ce morceau en rappel que personne ne voulait voir finir.

Parfois j’aimerais être moins sensible.






mardi 29 septembre 2009

I Still Get Rocks Off























Blonde Redhead: I Still Get Rocks Off (1995)




Une mèche dans un abcès comme la banderille finale.
Et l’envie de hurler là-dessus avec le volume à 11 sur 10.

Certaines seraient parties avec la queue et les oreilles.

Pas elle.






dimanche 27 septembre 2009

Galapagos























Tortoise: Galapagos / Spring Heel Jack remix (1996)



Je ne sais pas pourquoi je me sens si 96 en ce moment !
Enfin si, je crois savoir.

mercredi 23 septembre 2009

Sacred Trickster























Sonic Youth: Sacred Trickster (2009)


C’est le genre d’album qui, à la première écoute, vous ramène plus de 20 ans en arrière, à l’époque de Sister, leur meilleur album, à mon goût.
M’en faut pas plus pour le catapulter dare-dare album de l’année (quoique le premier album de Desire qui vient de sortir est assez proche du chef d’œuvre).
Et puis souvent, y’a des albums comme ça qui sont éternellement rattachés à des périodes de nos vies. Celui-là, je sais pas pourquoi, mais il restera à jamais associé à ce mois de mai à Paris, cet appartement étriqué, toutes ces bières ingurgitées, ces terrasses qui défilent, ces longs retours à pied en pleine nuit, et puis ce sourire, surtout ce sourire.

Depuis la semaine dernière, déjà deux filles m’ont dit à distance qu’elles «crevaient la dalle», peut-être par excès de confiance, je sais pas.
Moi, ma seule hantise, c’est de pas avoir d’équivalent l’année prochaine, niveau bande-son.
(Faudra aussi que je pense à parler des Smiths un de ces quatre).


mardi 22 septembre 2009

Realize























Codeine: Realize (1992)


J’ai tout fait pour couper les cachets en quatre ces derniers temps, mais il faut bien se rendre à l’évidence : Mon stock de Codeine Base est vide de chez vide, et les douleurs elles par contre, elles sont toujours là et bien là.
Il ne me reste plus que les yeux pour pleurer, et puis cet album parmi d’autres, que j’ai redécouvert la semaine dernière, 17 ans après l’avoir acheté, comme quoi, les déménagements, ça peut aussi avoir du bon.
Quand je pense qu’à l’époque, le groupe dans lequel je sévissais était surnommé «les Codeine français» ! C’est vrai qu’on avait sacrément fière allure avec nos tronches dans les Converse pour faire bien «Shoegazing» sur les photos de concerts.
C’est marrant les vieux réflexes. En écoutant cet album, je me suis surpris à reprendre des poses de «Shoegazer» et à jouer de l’Air Guitar au niveau de la moquette. Et mon fils de me demander si j’avais perdu quelque chose.
Les gosses peuvent être cruels parfois.

PS : A ne pas confondre avec le groupe Morphine, c’est même plutôt contre-indiqué.






lundi 21 septembre 2009

Atmosphere






















Lien
Joy Division: Atmosphere (1980)


Je cherchais un titre pour symboliser l’automne et initier la nouvelle formule de ce journal.
Et même si la pochette est plutôt hivernale et que l’enregistrement eut lieu au printemps (deux mois avant le suicide de Ian Curtis), on a quand même du mal à ressentir la petite touche printanière là-dedans.
Moi je dis que ça doit être ça finalement le véritable esprit Punk Rock : Se pendre à une corde à linge juste avant l’été.
Et puis, rien à voir, mais si mes souvenirs sont bons, je crois bien que c'est ce morceau-là qui m'a donné envie de me mettre à la basse.
Ce devait être aux alentours de 1987, ou quelque chose comme ça.