dimanche 2 octobre 2011

Le ravissement de Britney Spears





































Ici, les fans de Britney resteront sur leur faim, tout comme les fans de Marielle avec le Séria.
Car ce roman est avant tout le roman d'une ville, l'héroïne principale ne servant que de prétexte à une exploration urbaine des faubourgs de Los Angeles.
Le narrateur, sous couvert d'enquêter sur une éventuelle tentative d'enlèvement de Britney, en profite pour sillonner la ville en long et en large sur les traces de la chanteuse et de sa compagne de débauche, Lindsay Lohan, accompagné en cela par un paparazzi comme compagnon d'errance.
Et l'originalité de ce récit provient du fait que, pour une fois, nous n'évoluons pas au sein d'un Road Movie. L'auteur n'ayant pas le permis, il parcourt la ville en bus, en métro et le plus souvent à pied, moyen de transport absolument tabou au pays des distances tentaculaires.
Nous errons donc à ses côtés dans des faubourgs déshumanisés, des friches climatisées, Suburbias fantomatiques bien loin des cartes postales habituelles.
Rolin décrit subliment bien des détails absolument dénués de tout intérêt, comme le tracé d'une ligne de bus transurbaine, un immeuble désaffecté dans Downtown, un complexe commercial de proximité, une allée résidentielle perdue dans un canyon ombragé ou une rangée de palmiers rachitiques. Tel un explorateur du néant, il cartographie inlassablement les lieux de passage de ses deux protagonistes, sorte de course poursuite vaine et dérisoire, faisant ressortir l'infinitude de cette mégalopole horizontale. En cela, il rejoint un peu le travail du sociologue américain Mike Davis dans City Of Quartz (1990), sorte de bible ultime de l'urbanisme Angelenos, ce qui n'est pas une mince affaire venant d'un auteur français, nous qui sommes habituellement plus enclins à accumuler les clichés et les poncifs comme autant de mirages issus de nos rêves américains.