lundi 3 octobre 2011

Traverses






























Tombé par hasard sur l'édition poche de ce roman sorti en 1999.
Et de hasard, il n'est question que de cela tout au long de ce récit.
Une longue errance sans but mène l'auteur dans d'obscures sous-préfectures dépeuplées par le chômage, l'exode rural et les paysages hivernaux.
Ses pérégrinations le conduisent irrémédiablement vers des gares semi-désaffectées, des sites industriels sinistrés, des hôtels non étoilés ou des bistrots malfamés.
Ses héros d'infortune s'appellent Bordeaux, Tarbes, Denain, Roubaix, Leers, Longwy, Hayange, Thionville, Hagondange, Pont-à-Mousson, Clermont, Le Creusot, Dijon, La Bastide-Saint-Laurent, Belvezet, Montpellier puis Marseille.
On évolue dans un univers photographié par Depardon (c'est d'ailleurs lui qui signe la couverture de cette édition poche) ou toute trace humaine est imperceptible et toute référence temporelle indéfinissable (ces paysages ont semblent-ils toujours été baignés par une quelconque crise).
Mais loin d'être oppressant ou déprimant, ce voyage au bout de l'ennui est surtout un témoignage contemporain et social sur des territoires entiers rayés de notre carte culturelle, comme une cartographie de l'oubli, une topologie du désespoir.